Communiqué
 
   
  24 septembre 2003
Une nouvelle découverte pourrait servir de point de départ à la mise au point de vaccins plus efficaces contre les maladies infectieuses et le cancer


MONTRÉAL - Le 24 septembre 2003 - L'Université de Montréal, le Réseau Protéomique de Montréal et la société Caprion Pharmaceuticals, Inc., ont annoncé aujourd'hui la publication d'une découverte médicale importante dans le numéro du 25 septembre de la prestigieuse revue médicale Nature. Une équipe de scientifiques du Département de pathologie et biologie cellulaire de l'Université de Montréal, du National Institute of Health de Bethesada (Maryland), et de Caprion Pharmaceuticals, Inc., sous la direction du Pr Michel Desjardins, Ph.D., ont fait des découvertes qui pourraient faire progresser la mise au point de vaccins destinés au traitement de maladies infectieuses et du cancer.

Les cellules infectées et les cellules cancéreuses sont détectées et éliminées par le système immunitaire lorsque des leucocytes (lymphocytes T cytotoxiques) sont activés de façon spécifique pour reconnaître ces «cellules aberrantes». Les observations publiées cette semaine dans la revue Nature font état d'un nouveau mécanisme cellulaire d'activation de ces cellules tueuses. Après la capture et la transformation des agents pathogènes, des fragments de ceux-ci sont présentés aux lymphocytes T cytotoxiques. Par l'entremise de cette présentation à l'antigène, les lymphocytes T cytotoxiques sont en mesure de reconnaître les cellules infectées ou «aberrantes», comme c'est le cas dans le cancer. L'article publié par Houde et ses collaborateurs, intitulé Phagosomes are competent organelles for antigen cross-presentation (traduction libre : Les phagosomes sont des organites compétents pour la présentation croisée des antigènes), décrit un nouveau mécanisme de présentation de l'antigène qui se produit lors  de l'association du phagosome (un organite participant à la dégradation des protéines et des agents pathogènes) avec le réticulum endoplasmique (un organite participant à la synthèse des protéines et à la présentation de l'antigène). Ces découvertes sont particulièrement dignes d'intérêt du fait que cette nouvelle voie pourrait être jusqu'à 10 000 fois plus efficace que les voies de présentation décrites précédemment pour la transformation des agents pathogènes et des antigènes tumoraux circulants, ce qui permettrait l'activation d'une réaction immunitaire plus rapide et plus puissante. Cette propriété pourrait servir de point de départ à la mise au point de vaccins dotés d'une efficacité thérapeutique nettement améliorée.

«En réussissant à nous présenter l'un des mécanismes de défense fondamentaux de l'organisme sous une perspective aussi intéressante qu'inattendue, le laboratoire que dirige le Pr Desjardins a fait ressortir toute la puissance de la protéomique infracellulaire, un processus qui consiste à utiliser la spectométrie de masse en association avec des outils biologiques pour identifier, avec une compréhension et une résolution sans précédent, la composition protéique d'organites d'intérêt.» de dire Daniel Chelsky, agent scientifique principal chez Caprion. «L'analyse protéomique d'organites infracellulaires hautement purifiés permet de répondre à des questions liées à la biologie des cellules et à leur réaction à la maladie. Même si nous en sommes encore actuellement à la mise au point d'outils dans le domaine de la protéomique, l'incidence considérable de cette nouvelle technologie ne fait aucun doute»

D'ajouter le Dr Alex Mackenzie, vice-président, Recherche, chez Génome Canada : «Il s'agit là d'une révélation captivante et imprévue à propos d'un processus biologique d'importance centrale. Il va sans dire qu'il est capital de comprendre en détail comment notre système immunitaire réagit aux virus et aux bactéries. Or, les travaux du Pr Desjardins et de son équipe nous aideront vraisemblablement à mieux comprendre les maladies auto-immunes (c'est-à-dire au cours desquelles le système immunitaire s'attaque à l'organisme), telles que le diabète de type 1 et la sclérose en plaques, et ouvriront peut-être la voie à de nouvelles démarches thérapeutiques.»

Enfin, le Dr Guy Bellemare, directeur scientifique de Génome Québec a salué cette découverte : «Le professeur Desjardins et son équipe ont permis de mieux comprendre le processus fondamental par lequel les macrophages détruisent les agents infectieux. En dévoilant comment précisément les phagosomes, à l'intérieur des macrophages, produisent les peptides qui stimulent la prolifération de lymphocytes T, cette recherche ouvre des avenues pharmacologiques encore inexplorées qui permettront de développer des thérapies novatrices contre les maladies infectieuses et le cancer.»

Le Pr Michel Desjardins, Ph.D., est titulaire d'une Chaire de recherche du Canada en microbiologie cellulaire à l'Université de Montréal. Ses travaux bénéficient de l'appui de Génome Canada, Génome Québec, de Caprion Pharmaceuticals, Inc., et des Instituts de recherche en santé du Canada.

À propos de l'Université de Montréal
L'Université de Montréal se situe dans le peloton de tête des grandes universités de recherche. Son campus est le plus important au Québec : avec ses deux écoles affiliées, l'École Polytechnique et l'École des HEC, elle offre des programmes d'études de 1er, 2e et 3e cycles dans presque tous les domaines du savoir, accueille plus de 50 000 étudiants et décerne plus de 2 500 diplômes de maîtrise et de doctorat chaque année. Résolument engagée dans le développement de nouvelles connaissances et la transmission du savoir, l'Université de Montréal est au deuxième rang des universités canadiennes pour les fonds de recherche obtenus et pour les subventions de recherche par professeur.

À propos de Caprion Pharmaceuticals
Caprion Pharmaceuticals est un chef de file en matière de développement de médicaments à partir de la protéomique. La plate-forme technologique exclusive de Caprion permet de dresser des profils exhaustifs du sérum et des tissus humains en intégrant l'isolation des organelles et la décomplexification des échantillons, la spectrométrie de masse quantitative ainsi que la bioinformatique avancée. Ses programmes de développement de médicaments portent sur la découverte d'antigènes tumoraux, l'identification de biomarqueurs et l'élucidation des modes d'action de composés. Dans les derniers deux mois, Caprion a annoncé des ententes de recherche sur les biomarqueurs avec Wyeth (bourse de NY : WYE) et AstraZeneca (bourse de NY: AZN). De plus, Caprion a annoncé une collaboration en septembre 2002 avec IDEC Pharmaceuticals (Nasdaq : IDPH) en vue d'utiliser sa technologie d'établissement de profils protéiques pour identifier les cibles d'antigènes tumoraux du cancer du côlon. La société a aussi mis au point en partenariat des produits de dépistage de la maladie de la vache folle ainsi que de la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jacob, de concert avec IDEXX Laboratories et Ortho-Clinical Diagnostics.  Pour obtenir de plus amples renseignements sur Caprion, consultez le site www.caprion.com.

À propos de Génome Canada
Génome Canada est actuellement la principale source de financement et d'information pour la recherche en génomique et en protéomique au Canada. L'organisme, qui se consacre à l'élaboration et à la mise en œuvre d'une stratégie nationale de recherche en génomique et en protéomique au profit des Canadiens, a jusqu'à maintenant reçu 375 millions de dollars du gouvernement du Canada.  En collaboration avec ses cinq centres de génomique et d'autres partenaires, Génome Canada investit et gère des projets de recherche à grande échelle dans des domaines clés comme l'agriculture, la bioinformatique, l'environnement, les pêches, la foresterie, la santé et le développement des technologies. Génome Canada soutient aussi les projets de recherche visant l'étude et l'analyse des enjeux éthiques, environnementaux, économiques, de droit et de société liés à la génomique (GE3DS)  Jusqu'ici, Génome Canada a investi plus de 300 millions de dollars à la grandeur du pays, montant qui, lorsqu'on tient compte du financement de contrepartie des autres partenaires, totalise 680 millions de dollars répartis entre 57 projets de recherche novateurs en génomique et en protéomique et des plates-formes scientifiques et technologiques.

À propos de Génome Québec
Génome Québec est un organisme d'investissements sans but lucratif mis sur pied pour favoriser le développement de la recherche en génomique et protéomique au Québec. Sa mission consiste à jouer un rôle structurant et mobilisateur dans ces grands secteurs de recherche. Les grands partenaires financiers de Génome Québec sont Génome Canada et le Ministère du Développement économique et régional du Québec.


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Personnes-ressources :

Sophie Langlois, Université de Montréal, (514) 343-7704
Sophie.langlois@umontreal.ca 

Anie Perrault, Génome Canada (613) 751-4460 ou (613) 296-7292 - cell.
aperrault@genomecanada.ca    www.genomecanada.ca

Andrée Gravel, Génome Québec (514) 398-0668
agravel@genomequebec.com  www.genomequebec.com

Katherine Bonter, Caprion Pharmaceuticals (514) 228-3624
kbonter@caprion.com


  

 

 

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