Hebdomadaire d'information
 
Volume 41 - numÉro 15 - 11 DÉCEMBRE 2006
 Sommaire de ce numéro
 Archives de Forum

La Faculté de médecine met l’accent sur la pédagogie

Le Centre de pédagogie appliquée aux sciences de la santé (CPASS) favorise l’approche par compétences

Le Dr Bernard Millette

La Faculté de médecine entend valoriser la pédagogie en vue d’améliorer la formation des professionnels de la santé. Malgré les difficultés et les contraintes vécues actuellement par le milieu universitaire, la Faculté a fait de la pédagogie une priorité et a arrêté des choix permettant la mise sur pied du CPASS.

La création de ce centre est l’aboutissement d’un long processus de conscientisation. «L’intérêt pour la pédagogie s’est accru dans les années 80, lorsqu’on a commencé à se questionner sur l’efficacité de l’approche pédagogique de l’époque, alors centrée sur les enseignants, relate Bernard Millette, directeur du CPASS.Ainsi, en plus de constater que les connaissances acquises étaient parfois peu applicables en situations cliniques, on prenait conscience que la communication avec un malade comportait des aspects qui ne s’apprennent pas uniquement dans les manuels, les cours magistraux ou les pratiques non supervisées conçues à cet effet.»

Un premier tournant
C’est dans ce contexte que, dans les années 90, la Faculté de médecine a effectué un virage pédagogique en instaurant de nouvelles stratégies d’apprentissage, et notamment l’approche par problèmes (APP). L’APP permet aux étudiants d’apprendre en petits groupes à partir de l’analyse de problèmes proches du contexte de leur pratique future. On a également pris soin de mettre les apprentis médecins en contact avec des patients dès les premières semaines de leur première année de formation et de les familiariser de bonne heure avec un apprentissage structuré de la communication médecin-patient.

Depuis la fin des années 80, plusieurs unités ont, tour à tour, été créées par la Faculté, chacune apportant une expertise liée à la pédagogie et à la formation des professionnels: le Service de formation professionnelle continue, le Bureau d’évaluation, le Bureau de développement professoral, l’Unité de recherche et de développement en éducation des sciences de la santé, le Bureau de l’éthique, le Centre ÉduMed, entre autres. «Il y a plusieurs années que la pédagogie est bien vivante à la Faculté de médecine mais de façon un peu inégale. Il fallait faire plus et regrouper les unités dont le fonctionnement était autonome afin d’intégrer leurs actions et de renforcer leur influence», souligne le Dr Millette.

Compétences transversales
Selon le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, le médecin se doit, au premier chef, d’être un expert de la discipline médicale, mais il doit aussi, pour exercer correctement sa profession, avoir des qualités de communicateur, de collaborateur, de promoteur de la santé, de gestionnaire, d’érudit et de professionnel. Ce sont là des compétences dites transversales. Il est devenu évident que les programmes devaient être enrichis et bâtis par rapport à toutes les compétences requises, disciplinaires et transversales. «Dans le domaine de la santé, insiste Bernard Millette, il est primordial de veiller à ce que les professionnels de la santé nouvellement formés répondent adéquatement aux problèmes quotidiens de santé et puissent poursuivre leur formation en fonction de l’évolution des besoins et des technologies.»

Le virage de la compétence
Ce souci de la compétence implique un changement dans les approches pédagogiques, soit l’emploi de stratégies spécialement élaborées pour soutenir la construction des compétences et regroupées sous l’expression «approche par compétences». Les connaissances, cibles fréquentes des évaluations dans les facultés, sont certes cruciales, mais elles doivent être acquises en tenant compte des compétences à construire afin de faciliter leur application en temps voulu.

Les mandats du CPASS
Concevoir des stratégies éducatives, établir de nouvelles modalités d’évaluation, mieux comprendre la démarche du raisonnement clinique, favoriser l’acquisition de toutes les compétences…, ces défis sont parmi les principales raisons d’être du CPASS.
Mais là ne s’arrête pas le travail du Centre. Son mandat inclut en outre la recherche en pédagogie des sciences de la santé; la formation de ceux et celles qui forment les professionnels de la santé; l’évaluation adéquate des compétences et des programmes; l’encouragement à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication; l’instauration d’activités de développement professionnel continu pour les praticiens, etc.

L’avenir
Le Dr Millette précise par ailleurs que le doyen souhaite que le CPASS devienne un département à part entière dès juin 2008.De plus, en raison des liens interdisciplinaires qui existent déjà relativement à la pédagogie et que le CPASS entend accroitre, il n'est pas exclu que ce département évolue, par la suite, vers le statut d’unité interfacultaire. Le but de cette unité serait d’assurer une synergie encore plus grande et de regrouper les expertises, le tout profitant à l’ensemble des disciplines des sciences de la santé (ergothérapie, médecine, médecine dentaire, médecine vétérinaire, nutrition, pharmacie, physiothérapie, sciences infirmières…).

Daniel Baril

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