Édition du 4 novembre 2002 / volume 37, numéro 10
 
  Musique
Sixième Forum international des jeunes compositeurs du NEM

 

La chef d’orchestre et directrice artistique du NEM, Lorraine Vaillancourt.  

Le slogan du Forum international des jeunes compositeurs du Nouvel Ensemble moderne (NEM) est propre à nous mettre l’eau à la bouche: «Sept univers à travers sept jeunes créateurs». Sept univers et autant de pays, puisque ce sixième forum reçoit les compositeurs Luca Antignani d’Italie, Luis Rizo-Salom de Colombie, Eneko Vadillo-Perez d’Espagne, Christopher Tonkin d’Australie, Kueiju Lin de Taiwan, Joshua Penman des États-Unis et Alain Beauchesne du Québec.

Instaurée en 1991 par la chef d’orchestre et directrice artistique du NEM, Lorraine Vaillancourt (également professeure à la Faculté de musique), cette tribune n’a cessé de porter ses fruits, au point que l’ensemble est maintenant considéré comme spécialisé dans la jeune musique. Sa formule unique rejoint les préoccupations de la fondatrice du NEM: donner le temps aux œuvres de «mijoter», d’être assimilées par les interprètes afin qu’elles puissent donner leur plein potentiel.

De jeunes créateurs venus de différents coins du monde et sélectionnés par un jury international sont appelés à venir travailler leurs œuvres avec le NEM durant un mois. Mais pas n’importe quelles œuvres; commandes du NEM, elles doivent être écrites particulièrement pour l’ensemble des 15 musiciens en résidence à la Faculté de musique et n’avoir jamais été jouées auparavant. En fin de parcours, les sept œuvres sont présentées au public à l’occasion de deux concerts. Le troisième concert, événement gala du Forum, présente les œuvres des quatre lauréats choisis par le jury international. Les pièces sont ensuite diffusées à la radio de Radio-Canada, qui propose également ses enregistrements aux radios étrangères. Ainsi, les précédents forums ont été diffusés dans plusieurs dizaines de pays. Un disque est également réalisé à chaque forum.

Sur ces activités «interprétatives» se greffent des rencontres, des causeries, des analyses d’œuvres offertes par les compositeurs, des portraits, une table ronde, le tout ouvert au public. Bref, de quoi suivre la gestation de sept créations musicales et connaître un peu mieux ceux qui font la musique d’aujourd’hui. «Il y a un immense plaisir à faire naître les choses, confie Lorraine Vaillancourt. On retrouve d’ailleurs mes idées fixes dans les forums: vouloir prendre le temps de faire les choses, créer des contextes qui favorisent l’épanouissement des œuvres, leur compréhension. Avant le premier forum, j’ai tout de suite travaillé à la logistique d’un événement de ce type dans le sens du nombre de répétitions que je voulais réserver à chaque pièce, comment elles allaient se dérouler, combien de compositeurs nous pouvions accueillir.»

Côté choix esthétiques, la directrice artistique est claire: «Nous jouons de la musique traditionnelle contemporaine de tendance occidentale, si je puis dire. Il est certain que nous ne ferons pas de la musique pour orchestre de balafon ou pour gamelan. En partant, c’est déjà une forme de choix esthétique. Nos critères sont la cohérence entre l’idée de départ et sa réalisation, l’habileté, la surprise. Avec un compositeur, il faut découvrir quelque chose. Si c’est attendu, ça ne nous intéresse pas.» Dans le but de préserver cette fraîcheur à chaque nouveau forum, un travail de fond s’impose.

«Depuis le forum 1991, les choses ont changé. Il y a beaucoup plus de concours de composition, bien que rien du format de ce que nous faisons. Il reste toutefois que, même unique en son genre, notre forum fait maintenant partie d’un réseau beaucoup plus fourni où l’on retrouve souvent les mêmes noms. Parallèlement à ça, il y a des compositeurs auxquels nous avons moins accès. Un de nos objectifs est d’aller voir à côté et le plus loin possible. C’est important pour l’avenir de réactualiser nos contacts sur les différents continents. Mais nos meilleurs ambassadeurs à l’étranger sont les ex-participants des forums!»

La sixième cuvée promet, comme toutes les autres. Lorraine Vaillancourt est cependant lucide quant aux exigences actuelles. «Les jeunes créateurs sont envahis par les cultures populaire, exotique, etc. C’est vraiment à se demander comment ils arrivent à se créer un style personnel à travers ce fourmillement d’informations et aussi à se positionner par rapport aux exigences du marché. C’est réellement un défi. De plus, on ne se situe pas dans la période la plus révolutionnaire de l’histoire de la musique. Il y a eu une période de rupture très intense, mais en ce moment on digère: on n’a pas honte de ce qui fait partie de notre bagage, on s’en ressert. C’est véritablement une période d’assimilation. Mais on peut parfois être très surpris!»

Cet événement unique, qui a entre autres l’originalité de donner la parole aux créateurs tout en étant organisé par des interprètes, se déroulera du 5 au 30 novembre à la Faculté de musique.

Information: www.nem.umontreal.ca ou (514) 343-5962, poste 6.





 
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