Édition du 10 février 2003 / volume 37, numéro 20
 
  La physique médicale en pleine expansion
Le Département de physique a créé une nouvelle maîtrise en physique médicale pour favoriser la rétention des spécialistes.

 

Le contrôle de la qualité des appareils d’imagerie médicale nécessite l’expertise d’un physicien. Ici, Gilles Beaudoin actionne un appareil d’IRM au CHUM Notre-Dame. Cet appareil de résonance magnétique est notamment utilisé pour le diagnostic de troubles neurologiques et de problèmes musculo-squelettiques. 

La radiologie, la radio-oncologie et la médecine nucléaire sont en plein essor au Québec. L’annonce, il y a deux semaines, de l’acquisition d’une caméra à émission de positrons par le CHUM n’est que le plus récent exemple des nouveaux équipements dont on se sert de plus en plus dans les milieux de la santé.

Dans l’avenir immédiat, le recours à ces appareils de haute technologie ne pourra aller qu’en augmentant.

Le Québec a toutefois un retard à rattraper de ce côté et les spécialistes se font rares. «Il y a pénurie de physiciens médicaux dans les centres hospitaliers, affirme Gilles Beaudoin, chercheur à la Faculté de médecine. D’ici 2010, le Québec aura besoin de 40 à 50 physiciens supplémentaires en radio-oncologie.»

Pour aider à combler ce manque, le Département de physique, en collaboration avec le Département de radiologie, radio-oncologie et médecine nucléaire et l’Institut de génie biomédical, a inauguré, en septembre dernier, un nouveau programme de maîtrise professionnelle en physique médicale dirigé par Gilles Beaudoin.«L’objectif de ce programme est de préparer les physiciens à travailler dans les établissements de santé et de les retenir ici», précise le professeur, qui est également physicien médical au CHUM Notre-Dame.

Auparavant, ces spécialistes terminaient leur formation en physique par un apprentissage «sur le tas» dans les hôpitaux ou devaient passer par l’Université McGill. Mais seulement 27 % des physiciens médicaux de formation universitaire demeuraient au Québec après leurs études.

Pour retenir ces spécialistes, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), le Département de physique et le Fonds de recherche du CHUM offrent une série de bourses annuelles allant de 15 000 à 17 000 $ aux étudiants inscrits à cette maîtrise. Les boursiers du MSSS sont en outre parrainés par un centre hospitalier et doivent accomplir deux années de travail dans les milieux de la santé au Québec.

Soutien clinique, recherche et enseignement

La présence de physiciens dans les hôpitaux est plus ancienne qu’on serait porté à croire. Ils y ont fait leur entrée en même temps qu’est apparue l’utilisation des rayons X à des fins médicales. Depuis, la physique médicale s’est considérablement développée pour s’adapter aux nouvelles technologies et pour assurer la formation de la relève.

Le travail du physicien médical comporte trois volets: l’aspect clinique, la recherche et l’enseignement. Dans le volet clinique, le physicien travaille en relation étroite avec les médecins et les technologues. En radiothérapie par exemple, il doit assurer l’exactitude du calcul des doses de radiations selon la prescription du médecin. En imagerie ou radiologie diagnostique, il est responsable du contrôle de la qualité des appareils, de leur mise à niveau et de leur fonctionnement, en plus de participer à la mise au point de nouvelles techniques d’imagerie.

Les physiciens médicaux assurent également un soutien technique dans le déroulement des projets de recherche, prennent part à l’élaboration de protocoles de recherche ou dirigent leurs propres travaux de recherche. Au CHUM, des physiciens cherchent par exemple à résoudre les problèmes de susceptibilité magnétique en imagerie fonctionnelle et travaillent sur de nouvelles séquences pour les mesures quantitatives en IRM. D’autres sont engagés dans des recherches portant sur la protection contre les radiations.

Le troisième volet, soit l’enseignement et la formation donnée aux résidents et aux pairs, revêt une dimension plus importante avec l’ouverture de la maîtrise. «Les 18 physiciens du CHUM sont mis à contribution pour encadrer les étudiants de ce programme», précise Gilles Beaudoin. D’autres ressources professorales proviennent du Département de physique, du Département d’informatique et de recherche opérationnelle, de l’Institut de génie biomédical et du Département de radiologie, radio-oncologie et médecine nucléaire.

La formation aborde la physique des rayonnements, la dosimétrie, la radioprotection, le traitement des images médicales et l’anatomie. La maîtrise comprend également un stage en milieu professionnel et un projet de recherche avec rédaction de mémoire. Le programme qu’offre l’UdeM est le seul en français au Canada.

Pour susciter l’intérêt à l’égard de ce domaine de la physique, le Département de physique a ajouté cette année un nouveau cours en physique médicale à son programme de baccalauréat.

Daniel Baril




 
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