Édition du 30 avril 2003
 
  Un robot chirurgical révolutionnaire
Le premier robot chirurgical Da Vinci au Canada est entré en fonction à l'Hôpital du Sacré-Cur.

L'Hôpital du Sacré-Cur de Montréal, affilié à l'Université de Montréal, est devenu le premier établissement hospitalier canadien à être doté d'un robot Da Vinci, considéré comme l'instrument à la fine pointe de la haute technologie chirurgicale.

Ce robot s'inscrit dans la lignée des appareils de laparoscopie, mais il est beaucoup plus performant que ses prédécesseurs, a expliqué le Dr Ronald Denis, professeur au Département de chirurgie de l'UdeM et chef du service de chirurgie de l'Hôpital. «Cet appareil représente l'avenir de la chirurgie», a-t-il déclaré au cours d'une rencontre avec la presse le 24 avril. «Du point de vue chirurgical, cet appareil révolutionnaire nous fait entrer dans le 21e siècle», a renchéri son collègue, le Dr Henri Atlas, également professeur au Département de chirurgie.

L'appareil est doté de deux bras et d'une caméra manipulés à distance par le chirurgien, qui surveille et observe le déroulement de l'opération sur un écran à trois dimensions. Les têtes flexibles des bras, auxquelles divers instruments chirurgicaux peuvent être fixés, permettent tous les mouvements des doigts et des poignets mais avec une précision beaucoup plus fine que celle du chirurgien. On évite, par exemple, les risques de tremblements, alors que la caméra grossissante (jusqu'à 10 fois) permet des interventions sur des parties du corps jusque-là très difficiles, sinon impossible à observer ou à atteindre.

Contrairement aux appareils de laparoscopie, qui obligent le chirurgien à regarder dans un autre axe que celui où il effectue son travail et dont l'écran présente une image inversée en deux dimensions, le robot Da Vinci permet au chirurgien de voir son travail exactement comme s'il était au-dessus du patient. L'ergonomie du poste évite la fatigue entraînée par les longues interventions.

À droite, un infirmier prépare les bras du robot dont les extrémités sont munies d¹instruments chirurgicaux qui seront insérés dans le corps du patient par de petites incisions. À gauche, le chirurgien installé aux commandes de la console manipule ces instruments à distance et peut observer son travail sur un écran à trois dimensions.

Diminuer la convalescence
L'utilisation du robot Da Vinci ne nécessite en outre que des incisions minimes de quelques centimètres là où de larges ouvertures étaient pratiquées - comme dans le cas des pontages -, ce qui permet de réduire la douleur, les pertes de sang, les cicatrices et le temps de convalescence. «La durée de l'hospitalisation étant moins longue, on pourra ainsi diminuer le temps d'attente pour une opération et désengorger les urgences», espère le Dr Denis.

Les bras chirurgicaux peuvent même être manuvrés par une console située dans un autre hôpital, ce qui ouvre la porte à des interventions à distance. Des chirurgiens postés à New York sont ainsi parvenus à opérer la vésicule biliaire d'un patient traité à Strasbourg!

L'achat du robot, d'une valeur de plus de quatre millions de dollars, a été entièrement financé par la Fondation de l'Hôpital du Sacré-Cur. Ce coût inclut le matériel nécessaire pour effectuer 500 opérations. «Comme il s'agit d'une technologie de haute précision, les pièces doivent être remplacées périodiquement, a expliqué le Dr Denis. Certaines pièces sont programmées pour se bloquer automatiquement après 10 interventions.»

Le robot peut être employé en chirurgie générale, mais on réservera son usage aux cas de chirurgie avancée comme en chirurgie cardiaque et thoracique, en urologie et en gynécologie.

Depuis l'acquisition du robot, une dizaine de patients ont pu bénéficier de cette technologie d'avant-garde. L'équipe en formation, sous la direction des Drs Denis et Atlas, devrait procéder à la première chirurgie cardiaque d'ici six mois.

Daniel Baril

 



 
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