Édition du 16 février 2004 / volume 38, numéro 21
 
  Hommage
À ta mémoire...Jocelyne Dion

L’éloge qui suit a été prononcé le 4 février dernier, aux funérailles de Jocelyne Dion.

Jocelyne Dion

En faisant le choix d’étudier à Université de Montréal, fébriles et anxieux, nous, futurs politicologues, nous dirigions vers le Pavillon Lionel-Groulx. Tous, sans exception, défilions dans un seul bureau, un bureau chaleureux décoré de photos de famille.

«Bonjour, madame Dion… J’ai besoin d’aide… – Comment puis-je vous aider?» nous répondait une dame grande et mince, aux bouclettes brunes ou dorées et à l’allure distinguée. Elle nous rassurera et nous guidera dans ce qui sera pour nous un grand périple.

Mme Dion sera donc pour nous, étudiants, notre point d’ancrage, notre point de référence. Le premier visage, la première personne vers qui se tourner en cas de doute…

D’un professionnalisme exceptionnel, dès notre entrée, elle se souviendra de notre visage, de notre nom et des particularités de notre dossier. Chaque étudiant aura reçu de sa part le meilleur service. Mais comme chaque être humain, elle aura eu ses préférés et demandez à n’importe quel étudiant… Être dans les bonnes grâces de Mme Dion aura toujours été un privilège et un honneur.

Les semaines passeront… Mme Dion deviendra, pour certains, Jocelyne. Cette personne de confiance auprès de qui nous saurons trouver une oreille attentive. Elle savait nous écouter et nous appuyer. Dans nos moments difficiles, elle était là pour nous encourager.

«Lâchez pas, les filles», nous disait-elle.

Elle aura aussi vu les cent coups de l’association étudiante. À l’époque, quand j’en fus présidente, elle aura été à la fois conseillère spéciale et complice. Elle nous aura plus d’une fois ouvert son grand livre de souvenirs afin de nous guider dans le droit chemin. Imaginez-vous qu’après plus de 25 ans au Département de science politique Mme Dion était devenue un pilier, une encyclopédie de la gestion universitaire. Souvent la première et la dernière porte où frapper afin d’obtenir un verdict définitif.

Femme de convictions, elle aura affiché fièrement ses idéaux politiques. Au sein d’un établissement où les individus se font discrets sur leurs choix politiques, elle aura exposé dignement les siens.

«Où est le bureau de Mme Dion? demanderont les nouveaux étudiants… – C’est celui avec la photo de René Lévesque sur la porte.»

Solidaire. Nous l’aurons vue chaque jour, pancarte à la main et bravant le froid, manifestant, il y a quelques mois à peine, avec ses collègues pour le règlement de l’équité salariale. Elle nous aura inspirés…

Merci pour tout, madame Dion.

Sachez que nous sommes des milliers d’étudiants à vous dire merci, des milliers d’étudiants à vous avoir dit: «Bonjour… J’ai une petite question.»

Des milliers d’étudiants qui n’auront plus le privilège de cogner à votre porte pour vous dire… merci, madame Dion!

Elsie Lefebvre

Étudiante de 1998 à 2004 au Département de science politique de l’Université de Montréal et présidente de l’association étudiante en 2000



 
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