Édition du 4 octobre 2004 / volume 39, numéro 6
 
  Une étudiante en études internationales est élue à l'Assemblée nationale
La plus jeune députée de l’histoire élue à l’Assemblée nationale étudie à l’UdeM

Elsie Lefebvre

Attablée au Pasta Express de la rue Jarry, Elsie Lefebvre a à peine le temps d'avaler une salade au poulet grillé. La jeune péquiste de 25 ans qui vient d'être élue dans la circonscription de Laurier-Dorion n'a pas une minute à perdre: «Il nous reste seulement deux ans et demi, peut-être trois», dit-elle en faisant allusion à la prochaine élection générale. Comment, déjà? Oui. Et d'ici là, Elsie Lefebvre s'est lancé un gros défi : convaincre la portion multiethnique de son électorat, dans Parc-Extension, de voter pour elle en plus grand nombre la prochaine fois, de manière à pouvoir conserver le siège qu'elle a conquis à la surprise générale aux élections partielles du 19 septembre dernier.

«Nous avons déjà réussi une belle percée en triplant nos votes dans Parc-Extension, qui sont passés de trois à neuf pour cent», précise la nouvelle députée. Mais ce sont surtout les appuis qu'elle a obtenus dans Villeray, le quartier où elle est née et a grandi, qui lui ont assuré la victoire.

La plus jeune élue dans l'histoire de l'Assemblée nationale sera donc assermentée le 17 octobre. Elle devra toutefois partager son temps entre ses nouvelles fonctions de députée et une maîtrise en études internationales qu'elle compte bien terminer cet automne à l'UdeM. «Mon directeur, André Noël, m'a écrit un courriel pour me rappeler qu'il fallait que je me dépêche de finir si je ne voulais pas me retrouver plus tard comme André Boisclair, qui s'est éloigné de la politique pour terminer ses études.»

Une passion

La politique, c'est une passion pour Elsie Lefebvre. Militante au sein du Parti québécois depuis l'âge de 17 ans, elle a été présidente de l'Association des étudiants de science politique de l'UdeM et a siégé au conseil d'administration du CLSC de son quartier. À l'Assemblée nationale, elle veut être une voix pour les valeurs progressistes du Parti et entend bien dénoncer les mesures du gouvernement Charest notamment en matière de prêts et bourses. «L'accessibilité aux études, c'est fondamental, dit-elle. Ce genre de mesures aura des effets néfastes à long terme.»

Passionnée par la chose politique et attachée aux valeurs de justice sociale, la nouvelle députée, à l'image de sa génération, est aussi branchée sur le monde. Dès 1998, elle participe au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants de La Havane et en profite pour aller travailler dans les champs de canne à sucre. Membre du Comitié d'action politique franco-québécois, qui réunit les ailes jeunesse de tous les partis politiques, elle effectue des stages à la mairie de Paris et à l'Assemblée nationale française en 2001. À la même époque, elle termine son baccalauréat en science politique à la Universidad de las Americas à Puebla, au Mexique, dans le cadre d'un programme d'échanges avec l'UdeM, et entreprend une propédeutique en études internationales. Puis elle travaille à la Délégation générale du Québec à Mexico avant de rentrer à Montréal poursuivre ses études et reprendre du service au Parti québécois à titre de responsable des communications de l'aile jeunesse. 

Le regard allumé et un peu espiègle, Elsie Lefebvre déborde d'énergie et semble savoir très bien où elle s'en va. Loin. D'ailleurs, celle qui a reçu son baccalauréat en science politique «avec mention d'excellence» ne cache pas ses atouts pour réussir sa carrière politique. «Je parle trois langues, je suis familiarisée avec la culture latino ­ j'ai vécu deux ans au Mexique et voyagé dans plusieurs régions de l'Amérique du Sud ­ et je connais l'Europe puisque mon projet de maîtrise portait sur les mécanismes européens de lutte à la pauvreté.»

Moderniser le discours

Que pense-t-elle de l'enquête des «trois mousquetaires», ces trois jeunes députés du Parti québécois qui ont récemment sondé les jeunes partout dans la province pour en arriver à la conclusion que l'option souverainiste leur paraît désuète? «Il faut moderniser le discours, répond-elle. Ce qui fait vibrer les jeunes, ce ne sont pas les mécanismes, ce sont les projets de société. Mais on ne pourra pas investir dans des programmes sociaux généreux et cohérents avant que le Québec ait l'entière mainmise sur ses revenus fiscaux.»

Marie-Claude Bourdon



 
Archives | Communiqués | Pour nous joindre | Calendrier des événements
Université de Montréal, Direction des communications et du recrutement