Édition du 18 octobre 2004 / volume 39, numéro 7
 
  Mark Lesk réalise une percée dans le diagnostic du glaucome
La circulation sanguine est insuffisante chez les glaucomateux, ce qui affecte le nerf optique

Les travaux du Dr Lesk ont montré que la section du blanc de l'oeil par où passe le nerf optique est trop faible chez les personnes atteintes de glaucome.

Jusqu'à tout récemment, on ne connaissait qu'une seule cause au glaucome, soit une trop forte pression à l'intérieur du globe oculaire. Les travaux du Dr Mark Lesk, professeur au Département d'ophtalmologie et chercheur au Centre Guy-Bernier de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, viennent d'élucider une partie de la physiopathologie de cette maladie, deuxième cause en importance de la cécité.

La pression intraoculaire résulte de la circulation de l'humeur aqueuse, un liquide dont la fonction est de nourrir les différentes parties de l'oeil. Cette pression varie selon les rythmes circadiens.

Mais chez beaucoup de glaucomateux, la pression demeure trop élevée à cause d'un blocage des canaux d'écoulement de l'humeur aqueuse, ce qui entraine la mort par apoptose des neurones du nerf optique. Les chercheurs ne savaient toutefois pas comment cette pression provoquait les lésions du nerf ni pourquoi la moitié des patients atteints du glaucome présentaient une pression intraoculaire normale.

Flux sanguin et lame criblée

«Nous avons découvert dans un premier temps qu'il existait un lien entre la circulation sanguine et l'atrophie du nerf optique, explique le Dr Lesk. Chez les patients traités pour une réduction de la pression oculaire, l'irrigation sanguine de la tête du nerf optique augmente. Ceci démontrait que chez les glaucomateux l'autorégulation du flux sanguin pose problème.»

L'oeil est en effet doté d'un système qui permet au flux sanguin de s'ajuster en fonction de la pression interne du globe oculaire. Les vaisseaux des glaucomateux demeurent contractés et la circulation sanguine est insuffisante. Selon le Dr Lesk, ce dysfonctionnement apparait très tôt dans le développement de la maladie.

Le chercheur et son équipe, qui disposent d'un des laboratoires les mieux équipés en Amérique du Nord pour étudier le glaucome, ont découvert un autre facteur associé à l'atrophie du nerf optique. La zone par où passe le nerf optique dans la membrane blanche (la sclérotique ou blanc de l'oeil) entourant le globe oculaire est soit trop souple, soit trop mince. À cause de cette faiblesse, cette zone précise de la sclérotique (appelée lame criblée) se déplace en un mouvement de va-et-vient vers l'intérieur de l'oeil en fonction des variations de la pression interne.

«S'il y a trop de mouvements de la lame criblée, les axones du nerf optique de même que les vaisseaux sanguins sont coincés et le flux sanguin ne peut s'ajuster, explique Mark Lesk. Les personnes dont la lame criblée est trop souple présentent donc un risque accru de développer le glaucome.»

Ces observations ont pu être faites sur des patients traités par une médication destinée à réguler la pression oculaire et le flot sanguin. Comme de telles mesures peuvent être effectuées à l'aide d'appareils de tomographie et d'imagerie Doppler, le Dr Lesk a du même coup mis au point la première méthode scientifique de dépistage des glaucomateux à risque élevé de cécité. Une fois ces patients repérés, un traitement plus efficace peut leur être offert.

Daniel Baril



 
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