Édition du 14 mars 2005 / volume 39, numéro 24
 
  Yves Beauchemin signe la dictée
L’écrivain participe à l’activité pour une quatrième année d’affilée

 Yves Beauchemin

Entre la première et la sixième année du primaire, les deux garçons de l’écrivain Yves Beauchemin, Alexis et Renaud, ont eu à faire une dictée quotidienne. «Ils m’ont parfois détesté, avoue sans détour l’auteur du Matou, de Juliette Pomerleau et de Charles le Téméraire. Au point où je devais offrir 25 cents certains matins pour les inciter à sortir leurs crayons.»

Mais l’exercice a porté ses fruits. Les deux jeunes hommes, aujourd’hui âgés de 28 et 24 ans (respectivement ingénieur et étudiant en traduction), maitrisent la plupart des subtilités de la langue française. Et ils ne haïssent pas leur père pour autant. «La personnalité, la culture s’exprime par la langue, indique Yves Beauchemin. C’est pourquoi j’accorde beaucoup d’importance à son apprentissage.»

C’est avec plaisir que l’écrivain a donc accepté l’invitation de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM) de signer la dictée de la Semaine du français pour une quatrième année d’affilée. Il la donnera en personne le 14 mars, à 11 h 30, au pavillon 3200 Jean-Brillant (salle B-2245).

S’il est fidèle à son habitude, Yves Beauchemin devrait offrir un texte plutôt humoristique avec quelques difficultés mais sans les pièges contenus dans la dictée de Bernard Pivot. L’an dernier, la dictée évoquait la campagne électorale provinciale en cours et l’auteur était parvenu à glisser des mots comme «poutine», «gibelotte», «plastic», «tarzan», «serrements» et «serments».

«Mon but n’est pas de piéger les participants avec des mots qu’on emploie une fois tous les cinq ans, affirme M. Beauchemin, qui met actuellement la touche finale au deuxième tome de Charles le Téméraire. Il faut que la dictée conserve un caractère ludique.»

88 fautes

Mais la dictée 2004 Beauchemin n’a pas été une partie de plaisir pour tout le monde puisque aucune des 59 personnes qui y ont pris part n’a obtenu un score parfait. Le nombre d’erreurs a varié de 6 à 88 dans le texte de moins de 400 mots.

C’est une étudiante originaire du Maroc, Samira Ababou, inscrite au certificat en petite enfance et famille à la Faculté de l’éducation permanente, qui a remporté le premier prix de cette dictée. Mme Ababou a commis six fautes, dont certaines anodines: un trait d’union manquant ici et là, une majuscule oubliée à «Ville Lumière». «Je suis surtout contente d’avoir écrit correctement les noms des chefs de parti: Bernard Landry, Jean Charest et Mario Dumont. Car je dois dire que je ne lis pas les journaux tous les jours», confiait-elle à Forum après avoir reçu son chèque de 150 $.

Selon Magdeline Boutros, de la FAECUM, qui a travaillé à la correction des dictées, des
mots comme «fleurdelisé», «court-vêtues», «mille sept cent quatre-vingt-neuf» et «petits-bourgeois» ont causé des problèmes à plusieurs participants.

Cette année, la FAECUM promet d’autres prix aux gagnants, mais elle n’en avait pas précisé la nature au moment de mettre sous presse. Par ailleurs, le Centre de communication écrite offrira des prix de présence. Il y aura un tirage au sort de deux dictionnaires Larousse 2005 grand format et de quelques exemplaires des Dictées de Bernard Pivot et du roman Charles le Téméraire. Pas besoin d’avoir zéro faute pour courir la chance de gagner.

Savoir écrire, c’est être libre

Bien connu pour son appui à la souveraineté du Québec, Yves Beauchemin est cinglant à l’endroit des réformateurs de l’éducation qui inventent sans cesse de nouvelles méthodes d’apprentissage de la langue écrite. Il déplore notamment le fait que les enseignants d’aujourd’hui donnent très peu de dictées.

Originaire de Clova, un village comptant dans son enfance tout juste 40 familles, Yves Beauchemin a commencé à lire très jeune. Ça l’a grandement aidé, estime-t-il. «Ma mère lisait beaucoup. Nous avions des livres à la maison. Pas énormément mais assez pour susciter mon intérêt. J’ai lu jusqu’à une centaine de livres par année durant mon enfance.»

Pourtant, il soutient que son apprentissage n’a pas été facile. «Je me souviens très bien de ma maitresse d’école en Abitibi, Anne Meunier. Elle n’était pas la plus affectueuse. Mais son enseignement a été efficace.»

Mathieu-Robert Sauvé



 
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