Édition du 16 mai 2005 / volume 39, numéro 30
 
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La malédiction littéraire: du poète crotté au génie malheureux - Circuit: musiques contemporaines - Confucius: du profane au sacré

La malédiction littéraire: du poète crotté au génie malheureux

À quelle époque le malheur est-il devenu une des clés de la réussite pour les gens de lettres? Quand les écrivains ont-ils commencé à comptabiliser leurs souffrances, puis à les étaler aux yeux du public et de la postérité? Pourquoi s’est-on mis un jour à croire qu’un écrivain malheureux pouvait être plus vrai, plus authentique, en un mot plus génial, qu’un écrivain tout bêtement heureux?

Cet ouvrage retrace les origines d’un mythe singulier, celui du poète maudit, que la plupart des critiques ont associé à la seule seconde moitié du 19e siècle. Pourtant, bien avant Verlaine ou Baudelaire, des hommes de lettres se sont constitué un «capital malheur» afin d’obtenir la sympathie d’un public sensible aux infortunes des grands hommes. Tout comme Jean-Jacques Rousseau, lui qui aimait dire qu’il avait la «célébrité des malheurs», des écrivains d’origines sociales diverses ont cru, avant le 19e, que leur persécution, leur pauvreté ou leurs maladies pouvaient s’avérer un excellent atout dans leur lutte pour accéder à la légitimité littéraire. C’est vrai d’inconnus comme Nicolas Gilbert et Victor Escousse, mais également d’auteurs célèbres comme Chateaubriand et Hugo.

En analysant leurs stratégies, Pascal Brissette veut montrer que l’association des termes «valeur» et «malheur» n’est pas toujours allée de soi dans le monde des lettres. Il fut un temps où l’écrivain le plus riche, le mieux protégé, le plus adulé était aussi, et tout naturellement, le plus grand et le plus génial. À une époque, la nôtre, qui croit encore trop souvent qu’un grand écrivain ne saurait être heureux, il faut dire que le mythe de la malédiction littéraire est historique et qu’il aura une fin.

Pascal Brissette, La malédiction littéraire: du poète crotté au génie malheureux, Les Presses de l’Université de Montréal, 2005, 34,95 $.

Circuit: musiques contemporaines

Au sommaire de ce numéro:
• «La poïétique d’Yves Daoust: entre représentation socioculturelle et questionnement identitaire», par Danick Trottier.

• «Identité, création et mort contemporaines», par Sylveline Bourion et Georges Forget.

• «Identités dans un monde de pluralité: musique(s) et société(s) au tournant du XXIe siècle», par Noémie Pascal.

• «Réflexions sur les festivals, la musique contemporaine et l’identité culturelle québécoise», par Martine Rhéaume.

• Entrevue avec André Villeneuve sur l’enjeu de l’identité dans la poïétique musicale, par Danick Trottier.

• Biographie et liste des œuvres d’André Villeneuve, par Isabelle Picard.

• Henri Pousseur: Couleurs croisées et La seconde apothéose de Rameau, Orchestre philarmonique de Liège et ensemble Musiques nouvelles, dirigés par Pierre Bartholomée et Michel Gonneville.

• «Le son dans l’art contemporain canadien / Sound in Contemporary Canadian Art», par Nicole Gingras et Réjean Beaucage.

Circuit: musiques contemporaines, vol. 15, no 2, Cartes d’identité, Les Presses de l’Université de Montréal, 2005, 18 $.

L’institution du langage

Existe-t-il un rapport naturel entre un mot et ce qu’il représente? Est-ce plutôt exclusivement grâce à une décision arbitraire que les mots en sont venus à signifier ce qu’ils signifient? Michel Seymour répond en affirmant que le langage est essentiellement un système de règles conventionnelles constitutives produit par des groupes d’individus et qui n’est pas réductible à des faits de la psychologie individuelle. Adoptant une approche controversée, basée principalement sur une relecture originale du philosophe Ludwig Josef Wittgenstein, en particulier celui des Investigations philosophiques, l’auteur réfléchit sur le langage tel qu’il s’est développé au sein de l’espèce humaine. Il propose un exposé systématique et une mise en perspective historique de la conception institutionnelle et communautaire du langage.

Par son ampleur et son érudition, cet ouvrage constitue une contribution majeure à la philosophie du langage. Il s’adresse en premier lieu aux spécialistes, mais est également accessible à un public non initié qui cherche à en savoir davantage sur le fonctionnement de nos langues naturelles.

Michel Seymour, L’institution du langage, Les Presses de l’Université de Montréal, 2005, 44,95 $.



 
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