Hebdomadaire d'information
 
Volume 40 - numÉro 2 - 6 septembre 2005
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 Archives de Forum

Marie-Alexis Colin

De la musique avant toute chose

Marie-Alexis Colin

Originaire de la Bourgogne, en France, la professeure de 34 ans Marie-Alexis Colin a été engagée en juin dernier par la Faculté de musique pour son expertise en histoire de la musique. La musicologue, qui pose à peine ses valises à Montréal, est spécialiste de la musique ancienne, particulièrement celle de la Renaissance. Elle joue depuis l’âge de 23 ans de la viole de gambe — «elle est encore dans une caisse au Vieux-Port», dit-elle, un peu inquiète —, un instrument à archet que le film Tous les matins du monde, d’Alain Corneau, a permis de mieux faire connaitre.

Très prisée par l’aristocratie et à la cour du roi, la viole de gambe a été un instrument très en vogue en France au cours des 16e, 17e et 18e siècles. Cet instrument s’est progressivement fait voler la vedette par le violon, dont le son, qui se projette davantage, convenait mieux aux salles de plus en plus grandes.

Comment une jeune fille se découvre-t-elle un intérêt pour cet étrange instrument? «J’ai d’abord étudié le violon, puis la contrebasse; et mes recherches musicologiques me conduisant vers la musique ancienne, j’ai décidé d’apprendre la viole de gambe, que j’avais découverte au lycée, dans des concerts de musique baroque.» Depuis, elle a donné de nombreux récitals en France.

Marie-Alexis Colin a défendu une thèse de doctorat après des études à l’Université François-Rabelais de Tours et, à Paris, à l’École normale supérieure.

Elle a enseigné aux universités Charles-de-Gaulle–Lille 3, de Tours et d’Heidelberg, en Allemagne, ainsi qu’au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. «J’aborde ma nouvelle carrière de professeure et de chercheuse à la Faculté de musique avec enthousiasme, affirme-t-elle visiblement ravie. L’un de mes principaux soucis sera de répondre le mieux possible aux attentes d’une équipe pédagogique qui m’a fait confiance en me choisissant au printemps dernier.»

La thèse de Mme Colin, préparée au Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR), à l’Université François-Rabelais, a porté sur les musiques latine et religieuse à la fin du 16e siècle et au début du 17e. Auparavant, elle avait étudié au cours de sa scolarité de maitrise la musique profane et spirituelle sur textes de langue française.

Un de ses récents projets de recherche concerne l’établissement d’une base de données du motet en Europe à la Renaissance. Ce travail, qui s’inscrit dans une vaste collaboration internationale (universités de Montréal, de Tours, d’Heidelberg, de Louvain, de Pennsylvanie et de Bangor), a pour objectif de présenter, d’ici 2008, un catalogue informatisé du motet en Europe de 1300 à 1620. Mme Colin a déjà participé à la constitution d’une base de données sur la chanson française à la Renaissance pour le programme de recherche musicologique Ricercar du CESR, dont elle est depuis juin 2005 coresponsable des éditions. Parmi ses autres recherches en cours figurent notamment un livre sur le motet en France de la fin du 15e au début du 17e siècle, une étude sur le fameux compositeur français de la Renaissance Clément Janequin, ainsi que plusieurs éditions critiques.

Une semaine après son arrivée à Montréal, Marie-Alexis Colin est déjà sous le charme. «Je crois que je vais survivre à mon premier hiver en terre québécoise!» indique-t-elle en souriant.

Dominique Nancy

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